continuer à commencer

Cet article est le n° 4 sur 5 de la série lado range sa chambre

Pendant cette première pause, lado n’a pas manqué de s’octroyer une récompense de son choix — ça valait même récompense spéciale, passer du sempiternel “oui bon d’accord je vais le faire” à l’incroyable “je suis en train de le faire“. Et l’énergie ressentie à simplement constater qu’on a commencé est en soi une récompense appréciable. Rien que pour ça, on continue à commencer.

Un bazar d’ado, “officiellement” dû à la flemme et entretenu par provocation, peut se transformer en monstre tentaculaire qui désespère secrètement son auteur (ce détail très important ne sera pourtant révélé qu’en cas de crise suprême) ; mais même quand on a laissé les choses se dégrader, on mérite toujours autre chose que l’angoisse et la culpabilité.

L’angoisse est une des causes de l’état de ta chambre. L’état actuel de ta chambre est une cause d’angoisse. Chope le serpent par les deux bouts, car il ne mord pas — ce n’est qu’un leurre. Le bazar essaye de se défendre, de t’impressionner — “mais regaaarde, je suis si énOoorme. Tu ne peux plus me maîtriser, tu ne pourras jamais t’en sortir…” — Pffff. Si, je peux. Tu n’es qu’une chose. Et moi, je suis QuelquUn.

 

étape 2 :

passage vers la lumière – au moins 2 m2 de sol visible

parce qu’il est temps d’y voir plus clair, et qu’à partir de 2 m2, non seulement on commence à pouvoir circuler, mais on peut aussi se faire aider
(point délicat méritant parfois une préparation à part)

temps requis : 15 minutes – séance renouvelable, selon l’état initial

niveau de difficulté : débutant – fatigant mais facile

kit de base à compléter :

  • minuteur
  • petit sac poubelle commencé à l’étape 1
  • grand sac pour les fringues commencé à l’étape 1
  • + sac à linge sale
  • carton pour objets commencé à l’étape 1
  • + carton supplémentaire
  • vinaigre d’alcool cristal ou nettoyant vitres
  • éponge ou chiffon microfibre
  • balai
  • pelle
  • balayette

1. Régler le minuteur sur 15 minutes. À partir de l’espace grossièrement déblayé à l’étape 1, aller vers la fenêtre.

Si on marche sur du mou, = textile, = vêtements roulés en boule, on le met dans le sac 100 l déjà commencé, sans l’examiner.
Garder ce sac pas loin de la porte, avec le sac à linge sale.
S’il y a déjà quelqu’un pour aider, ce quelqu’un peut commencer à extraire du grand sac une sorte de fringues à envoyer au lavage, par exemple toutes les chaussettes, ou tous les jeans, ou toute une couleur. Sinon, garder ça pour l’étape 3.

Les sacs, bacs et cartons suggérés jusqu’ici ne sont pas du rangement, seulement du dégagement de passage. Il est primordial de ne pas les multiplier au-delà du modeste but et du petit espace immédiat. Toujours réduire ces deux données autant que possible, pour ne pas en arriver à quelque chose comme :



image du film Possessed - partie 3 : Stasis (voir menu Etat d'esprit)



Si on marche sur des livres, et que la bibliothèque n’est pas accessible, les empiler à côté d’un mur ou d’un meuble, sans commencer à les feuilleter.
Même bien calées, les piles de livres s’écroulent volontiers, donc ne pas les monter trop haut.
À titre d’exemple, lado a déjà ramassé 113 livres dans son fouillis au sol, soit une dizaine de piles groupées. (Pourquoi la bibliothèque a-t-elle été démontée et ses morceaux éparpillés, cela demeure un mystère, qu’on aura le tact de ne pas chercher à élucider prématurément.)

On peut aussi marcher (et glisser) sur des liasses de papier : copies de cours et devoirs de diverses années scolaires, brouillons de poèmes, correspondance personnelle, tracts, pubs, en fait, à ce stade, on ne veut même pas savoir. Grouper tout ce qui est papier sans trier, dans le carton ou bac plastique supplémentaire.

Les divers objets et bibelots continuent à être regroupés en vrac dans le carton commencé à l’étape 1.

Les divers déchets “évidents” continuent à remplir le sac poubelle.

2.
A l’aide du balai, on pousse au fur et à mesure hors du passage ainsi créé tout ce qui est petit et éparpillé. On obtient vite un tas intéressant de trésors et de poussière, auquel on ne s’intéresse pas pour le moment. Utiliser pelle et balayette pour augmenter la récolte en passant dans les petits coins qui se révèlent à chaque ramassage d’objet.

3.
On finit par atteindre la fenêtre sans marcher sur un tas de quoi-que-ce-soit. Si, c’est possible : lado l’a fait en deux séances. On débarbouille la vitre, côté intérieur seulement, d’un coup d’éponge ou chiffon imprégné de vinaigre d’alcool. Ceci n’est en aucun cas une séance de ménage, mais un début d’élimination de soucis, restés prisonniers dans la chambre. On ouvre alors la fenêtre, sans toucher à la belle crasse extérieure, et on ouvre aussi les volets, allez, au moins à moitié, au moins le temps de la pause, car quand le minuteur sonne, on pose tout, et on sort de la chambre, en laissant la porte ouverte (pour la circulation de l’air, des ondes et des idées), et en emportant le premier petit sac poubelle bien fermé, pour le jeter direct à la benne.


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